{"id":2673,"date":"2011-05-04T08:40:29","date_gmt":"2011-05-04T08:40:29","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8080\/?p=2673"},"modified":"2011-05-04T08:40:29","modified_gmt":"2011-05-04T08:40:29","slug":"soufffrances-en-ligne-nouvelobs-com","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.cfecgc-orange.app\/index.php\/2011\/05\/04\/soufffrances-en-ligne-nouvelobs-com\/","title":{"rendered":"Soufffrances en ligne &#8211; nouvelobs.com"},"content":{"rendered":"<p><strong>&nbsp; <\/strong><\/p>\n<p><strong><a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/actualite\/social\/20110428.OBS2040\/souffrances-en-ligne.html\" title=\"acc\u00e8s direct \u00e0 l'article complet\">acc\u00e8s direct \u00e0 l&rsquo;article complet<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8230;Le malaise \u00e0 France T\u00e9l\u00e9com est la deuxi\u00e8me maladie de la rentr\u00e9e, apr\u00e8s la grippe.<\/strong><\/p>\n<p>A Troyes, un homme s&rsquo;est plant\u00e9 un couteau dans le ventre, on venait de lui annoncer que son poste \u00e9tait supprim\u00e9.<\/p>\n<p>A Marseille, Besan\u00e7on, Lannion, Paris, m\u00eame histoire. Des hommes se pendent ou avalent des m\u00e9dicaments; une jeune femme s&rsquo;est jet\u00e9e dans le vide. 23 morts depuis f\u00e9vrier 2008. 7 suicides depuis juillet. Au si\u00e8ge, on craint la contagion.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir mis le probl\u00e8me sur le compte de fragilit\u00e9s personnelles, la direction du groupe, sur forte pression de l&rsquo;Etat, se mobilise. Car, depuis une semaine, l&rsquo;image du fleuron des t\u00e9l\u00e9coms a du plomb dans l&rsquo;aile.<\/p>\n<p>Les langues des salari\u00e9s se d\u00e9lient et livrent les r\u00e9cits du malaise.<\/p>\n<p>S\u00e9bastien avait sa carri\u00e8re devant lui<\/p>\n<p>S\u00e9bastien se rappelle pourtant de sa fiert\u00e9 d&rsquo;entrer \u00e0 France T\u00e9l\u00e9com, il y a vingt-cinq ans. Un dipl\u00f4me d&rsquo;ing\u00e9nieur en poche et une belle carri\u00e8re devant lui, tout le r\u00e9seau \u00e9tait \u00e0 construire.<\/p>\n<p>Il a dirig\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 200 personnes. Il a relev\u00e9 des d\u00e9fis technologiques, particip\u00e9 \u00e0 la constitution du r\u00e9seau mobile. Cadre sup\u00e9rieur, il ne pensait pas qu&rsquo;un jour il ne serait que l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Il se souvient tr\u00e8s bien du moment o\u00f9 tout a bascul\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait en 2006, un s\u00e9minaire pour cadres. \u00ab\u00a0On allait nous expliquer comment mettre sous tension nos collaborateurs. On a commenc\u00e9 par nous mettre sous les yeux la pyramide des \u00e2ges, boursoufl\u00e9e autour des 50 ans\u00a0\u00bb, se souvient-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le probl\u00e8me, c&rsquo;est vous\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;animateur a dit : \u00ab\u00a0Vous voyez o\u00f9 est le probl\u00e8me ? Le probl\u00e8me, c&rsquo;est vous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La centaine de cadres r\u00e9unis ce jour-l\u00e0 en a le souffle coup\u00e9. Les plus z\u00e9l\u00e9s s&rsquo;en sortiront peut-\u00eatre. A condition de suivre la m\u00e9thode : \u00ab\u00a0Vous devez travailler au corps vos \u00e9quipes pour en faire partir le plus possible. Sugg\u00e9rez-leur des reconversions, par exemple ouvrir une chambre d&rsquo;h\u00f4te ou un club de plong\u00e9e. N&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 les coincer sur les horaires ou \u00e0 surveiller les mails et les communications t\u00e9l\u00e9phon&#8230;<\/p>\n<p><strong>&#8230;Pierre Morville, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical CFE-CGC, \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;Observatoire du Stress et des Mobilit\u00e9s forc\u00e9es, poursuit : \u00ab\u00a0Et peu importe que l&rsquo;Etat soit schizophr\u00e8ne : comme gouvernement, il pr\u00f4ne l&#8217;employabilit\u00e9 des seniors, et comme actionnaire principal, il r\u00e9clame sa part de dividendes.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Des th\u00e9sards font des photocopies<\/p>\n<p>Impossible, bien s\u00fbr, de d\u00e9signer pr\u00e9cis\u00e9ment ce climat comme cause des suicides. Mais le d\u00e9couragement s&rsquo;est install\u00e9. On voit dans les bureaux des th\u00e9sards pointus faire des photocopies et des polytechniciens servir le jus d&rsquo;orange dans les r\u00e9unions.<\/p>\n<p>On met dans des boutiques des techniciens bourrus qui ne supportent pas l&rsquo;id\u00e9e de mentir un peu pour mieux vendre. Et l&rsquo;on propose \u00e0 Sandra, 51 ans, dont le service RH a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9, un poste \u00e0 300 kilom\u00e8tres de chez elle.<\/p>\n<p>Les dos se courbent et les mines s&rsquo;allongent. On n&rsquo;ose pas parler, puisque, comme dit Sandra, \u00ab\u00a0on ne sait pas trop qui va r\u00e9p\u00e9ter au manager\u00a0\u00bb. Mais l&rsquo;on voit bien. Des femmes \u00e9clatent en sanglots, des hommes se r\u00e9fugient dans les toilettes ou \u00e0 l&rsquo;infirmerie pour craquer ; d&rsquo;autres font des infarctus ou disent : je vais me foutre les doigts dans la prise.<\/p>\n<p>M\u00eame les m\u00e9decins du travail craquent<\/p>\n<p>Il y a des crises de nerfs. Certains tiennent des propos incoh\u00e9rents, hach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;anxiolytique, en r\u00e9union. Les moments de malaise sont nombreux o\u00f9, entre coll\u00e8gues, on se regarde pein\u00e9 de ce qui arrive.<\/p>\n<p>L&rsquo;absent\u00e9isme est end\u00e9mique, avec une moyenne de quatre semaines par salari\u00e9 et par an ; les personnes qui viennent travailler sous antid\u00e9presseur aussi. M\u00eame les m\u00e9decins du travail craquent : d&rsquo;apr\u00e8s les syndicats, sur 70 travaillant dans l&rsquo;entreprise, une dizaine auraient d\u00e9missionn\u00e9, impuissants \u00e0 soulager la souffrance&#8230;.<\/p>\n<p><strong>Extrait : nouvelobs.com \u2013 28\/04\/2011<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; acc\u00e8s direct \u00e0 l&rsquo;article complet &nbsp; &#8230;Le malaise \u00e0 France T\u00e9l\u00e9com est la deuxi\u00e8me maladie de la rentr\u00e9e, apr\u00e8s la grippe. 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