{"id":802,"date":"2008-10-27T11:30:33","date_gmt":"2008-10-27T11:30:33","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8080\/?p=802"},"modified":"2008-10-27T11:30:33","modified_gmt":"2008-10-27T11:30:33","slug":"l-invite-de-la-redaction-france-bleu-bourgogne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.cfecgc-orange.app\/index.php\/2008\/10\/27\/l-invite-de-la-redaction-france-bleu-bourgogne\/","title":{"rendered":"L&rsquo;invit\u00e9 de la r\u00e9daction &#8211; France Bleu Bourgogne"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align:center;\">\n<strong>Interview&nbsp;de Denis GUEY avec Pierre Morville comme invit&eacute;.&nbsp;<\/strong>\n<\/div>\n<p>\n<strong>DG<\/strong> : En ligne avec nous, <b>Pierre MORVILLE, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; syndical central CFE-CGC <\/b>de France TELECOM ORANGE&nbsp;? Le grand op&eacute;rateur historique de la t&eacute;l&eacute;phonie en France r&eacute;duit de fa&ccedil;on drastique. Nous allons voir pourquoi, et ce qui chagrine le syndicat de cadres.\n<\/p>\n<p>\nEn mars dernier, la direction r&eacute;gionale de France T&eacute;l&eacute;com Orange, comptait 8100 salari&eacute;s, soit 400 de moins en un peu plus d&rsquo;un an&nbsp;? C&rsquo;est ce que, dans le jargon interne de l&rsquo;entreprise, vous appelez le plan Next, pour de nouvelles exp&eacute;riences des t&eacute;l&eacute;communications. Une nouvelle exp&eacute;rience qui se traduit par 22&nbsp;000 suppressions d&rsquo;emplois de postes programm&eacute;es entre 2006 et 2008, et 10&nbsp;000 changements de m&eacute;tiers au sein du groupe. Alors Pierre MORVILLE, autant d&rsquo;emplois en moins en si peu de temps, &ccedil;a parait &eacute;norme. D&rsquo;o&ugrave; est-ce que vous tenez ces chiffres&nbsp;?\n<\/p>\n<p>\n<b>PM<\/b>&nbsp;: Eh bien, ce sont des chiffres , h&eacute;las, officiels&nbsp;; Quant on voit, quand on prend sur une p&eacute;riode de dix ans ou de treize ans plut&ocirc;t on voit que c&rsquo;est la plus forte restructuration industrielle depuis la sid&eacute;rurgie, puisque de 95 &agrave; 2005, nous avons perdu 40&nbsp;000 emplois sous la forme de d&eacute;parts en pr&eacute;retraite, et nous avons eu, de 2006 &agrave; 2008, 22&nbsp;000 suppressions d&rsquo;emplois qui ont &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;es.\n<\/p>\n<p>\nEt nous pensons&hellip; nous estimions que cette d&eacute;crudescence de l&rsquo;emploi allait se poursuivre dans les ann&eacute;es qui viennent, alors autour de 10 &agrave; 15&nbsp;000 suppressions d&rsquo;emplois nouvelles dans les trois qui allaient venir, ceci avant la crise &eacute;conomique qui a touch&eacute; l&rsquo;&eacute;conomie mondiale, qui aura certainement des effets, y compris sur nos effectifs, sur le pouvoir d&rsquo;achat des salari&eacute;s. Et donc, on est dans une situation tout &agrave; fait dramatique. Le plus piquant dans cette histoire, c&rsquo;est que ces suppressions d&rsquo;emplois se font sans aucune n&eacute;gociation avec les syndicats. Ce qui est une premi&egrave;re, je pense, en Europe, dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;entreprise explique que ce n&rsquo;est pas un plan social, puisque il n&rsquo;y a pas de licenciement sec, mais elle estime que c&rsquo;est ou des d&eacute;parts vers la Fonction publique ou des d&eacute;parts volontaires de l&rsquo;entreprise&nbsp;; vous imaginez bien que 22&nbsp;000 personnes ne partent pas volontairement.\n<\/p>\n<p>\n<b>DG<\/b>&nbsp;: Alors, est-ce que vous reconnaissez quand m&ecirc;me qu&rsquo;il y a sureffectif par rapport &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; France T&eacute;l&eacute;com a compt&eacute; autan de salari&eacute;s, c&rsquo;&eacute;tait parce que c&rsquo;&eacute;tait une n&eacute;cessit&eacute;, il fallait rattraper le retard fran&ccedil;ais en mati&egrave;re de t&eacute;l&eacute;phonie dans les ann&eacute;es 70&nbsp;; aujourd&rsquo;hui est-ce qu&rsquo;il y a un sureffectif qui, &agrave; votre avis est justifi&eacute;, m&ecirc;me si le terme n&rsquo;est pas forc&eacute;ment appropri&eacute;&nbsp;?\n<\/p>\n<p>\n<b>PM<\/b>&nbsp;: &hellip;.. on a embauch&eacute; &eacute;norm&eacute;ment de gens dans les ann&eacute;es 70-80 pour rattraper le retard t&eacute;l&eacute;phonique de la France, et construire ce qu&rsquo;on appelle le r&eacute;seau, il n&rsquo;emp&ecirc;che pas moins que parall&egrave;lement &agrave; ces suppressions d&rsquo;emplois, on constate que la sous-traitance, qui &eacute;tait marginale &agrave; France T&eacute;l&eacute;com, repr&eacute;sente aujourd&rsquo;hui l&rsquo;&eacute;quivalent de 25&nbsp;000&nbsp; emplois&hellip;.&hellip;A temps plein, c&rsquo;est des &eacute;quivalents temps plein. Et &ccedil;a ce sont les chiffres de l&rsquo;entreprise. Donc, on pourrait imaginer encore une fois, qu&rsquo;il y a sureffectif, mais quand on voit dispara&icirc;tre, je dirais d&rsquo;un cot&eacute;, des effectifs stables et que l&rsquo;on voit appara&icirc;tre &agrave; peu pr&egrave;s l&rsquo;&eacute;quivalent en effectif de sous-traitance, on est oblig&eacute; de se poser des questions sur la r&eacute;alit&eacute; de ce sureffectif.\n<\/p>\n<p>\n<b>DG<\/b>&nbsp;: Le probl&egrave;me, c&rsquo;est que l&rsquo;entreprise doit g&eacute;rer aussi une situation d&eacute;licate, elle compte encore 70% de salari&eacute;s qui ont un statut de fonctionnaire, autrement dit, on ne peut pas les licencier, donc il faut bien, entre guillemets, les pousser vers la sortie, non&nbsp;?\n<\/p>\n<p>\n<b>PM<\/b>&nbsp;: Oui, mais de ce point de vue-l&agrave;, nous nous interrogeons aussi sur la situation, et l&rsquo;Etat fran&ccedil;ais reste, de loin et de loin, l&rsquo;actionnaire dominant, c&rsquo;est lui qui fixe finalement les r&egrave;gles comme actionnaire dominant. C&rsquo;est lui qui impose&hellip; parce que dans cette p&eacute;riode, il faut savoir que l&rsquo;entreprise d&eacute;gage de formidables b&eacute;n&eacute;fices, nous d&eacute;gageons sept &agrave; huit milliards d&rsquo;euros de b&eacute;n&eacute;fices par an, et l&rsquo;actionnaire, lui, a d&eacute;cid&eacute; que la moiti&eacute; de ces b&eacute;n&eacute;fices devait lui revenir, enfin en tout cas devait revenir aux actionnaires, sous la orme de dividendes. Moi, je ne connais pas beaucoup d&rsquo;entreprises, qui &agrave; la fois, versent trois &agrave; quatre milliards d&rsquo;euros de dividendes par an, et qui, en m&ecirc;me temps, estiment que la situation est aussi dramatique pour aller pousser dehors ses salari&eacute;s. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on, l&rsquo;Etat reste l&rsquo;employeur de ces fonctionnaires, de nos coll&egrave;gues fonctionnaires. Ces fonctionnaires sont des fonctionnaires d&rsquo;Etat, d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on, pr&ecirc;t&eacute;s &agrave; France T&eacute;l&eacute;com. Donc si l&rsquo;Etat, actionnaire, d&eacute;cide qu&rsquo;il y a trop d&rsquo;effectifs, il y a une simple fa&ccedil;on simple, c&rsquo;est de faire revenir ces fonctionnaires dans la Fonction Publique&nbsp;; &ccedil;a serait d&eacute;j&agrave; loyal &agrave; leur &eacute;gard, puisque quand on est dans la Fonction Publique, c&rsquo;est pour avoir la garantie de l&rsquo;empli, contre un salaire qui est relativement plus faible que ce qui existe&hellip;\n<\/p>\n<p>\n<b>DG<\/b>&nbsp;: &ccedil;a c&rsquo;est votre proposition pour compenser les d&eacute;parts, retrouver des postes aux partants.\n<\/p>\n<p>\n<b>PM<\/b>&nbsp;: Notre proposition, c&rsquo;est de dire, dans cette affaire, dans la mesure o&ugrave; il n&rsquo;y a pas de n&eacute;gociation, il n&rsquo;y a pas eu d&rsquo;accord conventionnel, nous voulons un retour au conventionnel, que &ccedil;a soit, non pas du traitement au cas par cas, mais que &#8211; quelle que soit la situation, que la personne souhaite quitter l&rsquo;entreprise, qu&rsquo;elle souhaite cr&eacute;er sa propre entreprise ou retourner dans la Fonction Publique &ndash; &ccedil;a soit des droits et non des accords n&eacute;goci&eacute;s au gr&eacute; &agrave; gr&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n<b>DG<\/b>&nbsp;: Un dernier mot Pierre MORVILLE, &agrave; quel niveau la Bourgogne est touch&eacute;e dans cette affaire&nbsp;?\n<\/p>\n<p>\n<b>PM<\/b>&nbsp;: Ecoutez, &agrave; la direction r&eacute;gionale, on a estim&eacute;, dans les deux derni&egrave;res ann&eacute;es, qu&rsquo;il y avait eu 600 emplois perdus.\n<\/p>\n<p>\n<b>DG<\/b>&nbsp;: Et comment &ccedil;a se passe &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;entreprise, de mani&egrave;re tr&egrave;s courte aussi, y a-t-il des pressions, comment est l&rsquo;atmosph&egrave;re actuelle&nbsp;?\n<\/p>\n<p>\n<b>PM<\/b>&nbsp;: Ecoutez, nous, nous avons b&acirc;ti, alors ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;Observatoire du stress, le 6 et 7 novembre prochain c&rsquo;est les assises, nous avons constat&eacute; une mont&eacute;e sans pr&eacute;c&eacute;dent du stress&hellip;.. sachez que c&rsquo;est une entreprise qui a une moyenne d&rsquo;&acirc;ge de 47 ans o&ugrave; quand on a 50,51 ans, et qu&rsquo;on vous dit&nbsp;: il faut que vous partiez et quittiez votre ville, que vous alliez &agrave; 100 kms, ou alors si la personne subit des pressions incessantes de son management pour partir, pour quitter l&rsquo;entreprise- parce qu&rsquo;il y a bien des pressions pour faire partir les gens, ils ne partent pas spontan&eacute;ment &ndash; &ccedil;a cr&eacute;e parmi les salari&eacute;s un trouble tr&egrave;s profond.\n<\/p>\n<p>\n<b>DG<\/b>&nbsp;: Merci <strong>Pierre MORVILLE. Vous &ecirc;tes d&eacute;l&eacute;gu&eacute; syndical central CFE-CGC<\/strong> &agrave; France T&eacute;l&eacute;com Orange. Bonne journ&eacute;e!\n<\/p>\n<p>\n<b>PM<\/b> :&nbsp; Merci.\n<\/p>\n<div style=\"text-align:right;\">\n<b>Extrait &#8211; interview avec Denis GUEY &#8211; FRANCE BLEU Bourgogne &#8211; 16 octobre 2008 <\/b>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview&nbsp;de Denis GUEY avec Pierre Morville comme invit&eacute;.&nbsp; DG : En ligne avec nous, Pierre MORVILLE, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; syndical central CFE-CGC de France TELECOM ORANGE&nbsp;? 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